Georgia René-Worms est diplômée en 2014 de la Villa Arson École Nationale Supérieure d’art, elle a aussi pris part aux programmes de l’école du Magasin (2015) et au post-diplôme de Lyon (2017-2018).

Son travail s’articule autour deux axes : un axe documentaire, en général autour de figures féministes et un axe narratif, où elle développe une écriture expérimentale, dans la veine des new narrative, des narrations non-fictionnelle où l’autrice s’efforce de représenter honnêtement l’expérience subjective sans prétendre qu’un texte puisse être absolument objectif. Les questions centrales qui habitent sa méthodologie sont Qu’est-ce que nous fait la recherche et qu’est-ce que nous avons le droit de lui faire ? Comment est-ce que l’on prend l’histoire en soi, comment raconter une histoire qui n’est pas la nôtre. Qu’est-ce que le travail fait de nous ? La matérialité qui nous traverse, l’intangibilité de ce que l’on manipule. Elle considère ses recherches comme des expériences de vies où intimité et travail s’interpénètrent, floutant volontairement le statut autoritaire de l’autrice et la soumission à l’objet étudié. Cette pratique se veut organique, multiple, Georgia René-Worms ne désire pas en définir un statut, et laisse donc la liberté à son interlocuteur de choisir si elle est artiste, curator ou autrice, si ce n’est tout à la fois.

Georgia René-Worms à été résidente du CIAP Vassivière, de la Via Farini à Milan, du Centre d’Art du Parc Saint Léger (recherche autour de vêtements unisexes, faisant se croiser histoire du costume et édition de textes originaux) et de la Villa Champollion au Caire (pour l’écriture d’un texte sur les figures tutélaires de l’avant-garde artistique et des luttes féministes et émancipatrices du milieu du XXe siècle en Egypte.) , elle participé en tant que curatrice au programme Generator initié par 40m2. Elle a également bénéf, elle participé en tant que curatrice au programme Generator initié par 40m2. Elle a également bénéficié pour ses recherches des soutiens de la DRAC Limousin (pour la production d’un ouvrage collectif pour lequel elle a particulièrement travaillé sur la dépossession des savoir médicinaux des femmes, entre autres par le biais de l’histoire de la sorcellerie.), de la DRAC PACA, de la Fondation Nuovi Mecenati (recherche sur les relations entre la scène artistique italienne des années 60-70 et les groupes militants féministe du pays) et de l’Institut Français.

Depuis son experience personnelle elle réfléchit à la possibilité de mettre en place un corpus, autre que celui de la littérature scientifique, pour aborder dans un geste émancipateur l’histoire des corps malades, avec les outils qui sont les siens : ceux de l’art. C’est dans ce contexte et pour la production d’un texte sur l’artiste Brésilein José Leonilson que Georgia René-Worms est lauréate de l’aide à l’écriture et à la publication de l’INHA en 2021.

Georgia René-Worms publie régulièrement des textes dans: la belle revue, Initiales, 02, code 2.0, code South Way, Missouri.

Par Frédéric Bonnet:

La pratique de Georgia René-Worms est multiple, qui va au-delà de la seule création artistique pour
se frotter également au commissariat d’exposition ou à l’écriture, multipliant ainsi les expériences
et les approches autour de ses objets de réfexion. En s’intéressant à des personnages singuliers, en
particulier à des femmes ayant pu avoir des rôles déterminants mais qui ont échappé à la reconnaissance ou sont tombées dans l’oubli, comme par exemple Annette Kellerman, nageuse synchronisée
qui inventa le maillot de bain une pièce pour femmes, l’artiste revendique une posture féministe
non militante. Dans ses travaux et collaborations variés, c’est le regard d’un enquêteur critique qui
est mis en marche, dont témoignent notamment deux vidéos. Lèvres noires et cerveau bouillant
prend la forme d’une capture d’écran d’ordinateur sur lequel est efectuée via Internet une recherche
documentaire relative à Béatrice Bretty, comédienne considérée comme l’un des esprits pionniers
dans la conception de l’audiovisuel en tant que médium, le tout s’accompagnant de la rédaction de
notes dans un traitement de texte. Réalisée en collaboration avec Giuliana Zeferi, Inconnue et sans
appui prend un tournant plus frictionnel en s’appuyant sur un tableau de 1857 de la peintre anglaise
Emily Mary Osborn, Nameless and Friendless, dans lequel apparaît une femme pauvre tentant de
vendre un tableau à un marchand ; en résulte en un flm d’animation tentant de reconstruire l’itinéraire de la protagoniste, et quelque part lui inventer une existence.

Par Mikaela Assolent:

—– November 4th —–
m [7:18 AM]
J’aurais préféré écrire avec G plutôt que sur elle. Mais G ne se révèle pas comme ça, frontalement.
Elle raconte des histoires, parle d’autre chose, montre des images, évoque des auteurs, donne à lire des textes,
pointe, rapproche, suspend devant le regard. En parallèle, elle boit du thé, s’habille et se maquille (avec
constance), pose, donne des intonations et change des objets de place. C’est par cet éventail de discussions, de
gestes et de références que j’ai commencé à entrevoir. Pas G mais l’univers de G, son cerveau,
ses visions. Un océan de possibilité.
Bleu, violemment ensoleillé, aux refets d’argent et en HD.(edited)
—– November 15th —– m [5:01 PM]
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Date
Last edited about a month ago
http://d-a-t-e.fr/
DATE
DATE – Laurie Charles & Georgia René-Worms
DATE est une constellation de rendez-vous, réactualisant la forme romantique de celui-ci
comme moteur créatif – Laurie Charles & Georgia René-Worms.
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m [5:51 PM]
Quoi de mieux pour faire écho à DATE qu’un texte en forme de chat ?
La mobilité, la fexibilité et la semi-précarité permanente produisent des projets de loin.
Les emails en escalier, les conversations en ligne, dessinent une dynamique de désirs
délocalisés. En retour, DATE permet à nos yeux de se croiser, à nos mots de s’entendre et
de se superposer.La collaboration est intrinsèque à la pratique de G. Les rencontres, les
mises en relation. On travaille et on vit ensemble. Pour une exposition, une oeuvre, un
texte, une école, une résidence, des vacances, une conversation. G est polyamoureuse,
elle s’écrit à plusieurs.(edited)
m [6:01 PM]
Le féminisme de G laisse des traces. Elle conjugue étofes et livres de choix. G aime les
végétaux, les arômes, leurs bienfaits, les parfums. Elle sait les choisir, connait leurs
histoires et les dissémine. Elle écrit menthol, elle l’exhale, elle l’amorce.
Le désir se cultive, les corps s’apprivoisent l’un l’autre, chaque fl est politique. G est
une sorcière.(edited)
[6:05]
Le corps comme réglage par défaut, parler de tout, ouvrir tous les champs possibles et
poser toutes les questions. G ne choisit jamais les bonnes chaussures, volontairement.
(edited)
m [6:25 PM]
G est une femme d’extérieur intérieur. Aux machines et aux rapports confdentiels qu’on
entretient avec elles, à un savoir faire comme domination, elle substitue un nomadisme
ancré. Pratiquer l’art c’est l’envisager dans son ensemble, dans les possibilités de vie
qu’il donne. On ne se retire pas dans un atelier, dans un bureau, on travaille dans sa chambre, dans
son lit, sur la table de la cuisine. On quitte la ville, on quitte les hommes. À la poursuite d’une parole cachée qui
se délie dans certains cercles. Retirée. Secrète.
Le temps que prend G pour parler les mots, le spleen maitrisé avec lequel elle évoque les
concepts, l’horizon sur lequel elle ancre ses polders.
m [6:40 PM]
G est auteure et elle a les yeux azur.(edited). Add Comment Click to expand inline